jeudi 21 janvier 2016

NATURE MORTE DANS UN FOSSÉ

à l'occasion de la présentation de Nature morte dans un fossé au festival d'Avignon.


Polar Théâtral


Représentations hors les murs (en bars, chez l'habitant,...)

Texte : Fausto Paravidino / traduction : Pietro Pizzuti

Jeu et mise en scène : Bérangère Notta et Guillaume Doucet

Production : Le groupe vertigo

Durée : 1h25

A partir de 13 ans


La pièce

Un coin paumé entre Gênes et Milan. La nuit. Boy rentre de boîte. Emboutit la voiture dans un arbre. Descend, fait quelques pas, et découvre, nue dans un fossé, le cadavre de la jeune Elisa Orlando. La fête endiablée commence. 
L’enquête, menée par un flic en crise et deux adjoints aux idées un peu arrêtées, met à nu parents perdus, dealers et teenagers, flics, putes et pègre.Nature morte dans un fossé décrit avec un humour ravageur et une précision médicale un monde où l’argent et la misère font couler sang et boue, sperme et sueur, larmes et vomissements. Mais dans lequel peuvent percer parfois quelques tendresses soudaines.
Fausto Paravidino, jeune auteur italien, fait la satire d’une société contemporaine où dérivent les repères éthiques, à la fois amusé et révolté par la comédie des rapports humains qui s'y jouent.Le langage est cru, incisif, un régal de vivacité d’esprit et d’observation implacable. La pièce qui se déploie est un vrai polar théâtral, raconté de l’intérieur, en direct, depuis les points de vue de six différents protagonistes.

L'Arche est éditeur et agent théâtral du texte représenté.


Intention


Cette pièce est pour nous un petit bijou d’écriture. Il s’agit de la première pièce de Fausto Paravidino, un jeune auteur contemporain italien qui a notamment écrit Peanuts et Gênes 01.
Le principe d’écriture est assez original. La pièce raconte un polar (la fiction qui se déploie est vraiment proche de celle d’un bon roman ou film policier), mais vu de l’intérieur de la tête de ses protagonistes.
L’action est entièrement au présent, chaque personnage intervient en effet à tour de rôle, et nous livre de la manière la plus directe ce qu’il vit. Les pensées et actions sont donc exprimées au plus franc, sans filtre, et les dialogues sont rapportés par le personnage quand il y participe. L’intrigue se densifie et prend de l’ampleur au fur et à mesure des différentes interventions.
Il faut encore ajouter que Fausto Paravidino est un auteur avec un certain engagement politique, et que la pièce est parcourue d’une verve bien trempée.                   
Enfin, et ça prend beaucoup d’importance dans l’humeur générale du spectacle, le texte est traversé d’un bout à l’autre par un humour noir joyeusement cinglant qui le rend très jouissif à partager.

L’envie de monter cette pièce est due autant à la fiction qu’à la langue ou au propos. Elle a l’avantage, et nous avons essayé de la pousser dans ce sens, d’être à la fois une pièce de théâtre contemporaine puissante avec une forme d’écriture très intelligente, un langage très précis, et en même temps un vrai polar avec une histoire solide et une intrigue à rebondissements, ce qui la rend très séduisante pour des spectateurs qui ne s’intéressent pas particulièrement au théâtre contemporain.
La forme de cette pièce, dont les actions sont vécues par un seul personnage à la fois, invite à sortir d’un dispositif scénique classique, et sa capacité à séduire des gens très divers, dont les amateurs de polar, donne envie de la porter hors des théâtres dans des lieux où son ambiance peut trouver du répondant. C’est cette double réflexion qui nous a donné envie de la créer en bars. Après avoir fait ce choix, tout s’est imbriqué, et nous avons eu l’impression de la jouer « au bon endroit ». Une autre place qui peut nous sembler pertinente pour cette pièce, c’est au cours d’une soirée chez l’habitant. D’autres espaces plus insolites peuvent nous convenir et nous sommes curieux de toute proposition.
L’humour ravageur de la pièce vient beaucoup de ce principe de parole qui amène les personnages, avec un langage différent pour chacun, à tout dire de ce qui leur arrive et de ce qu’ils en pensent. En mettant à  nu le discours intérieur des personnages, Fausto Paravidino nous donne accès à toutes leurs pensées, y compris les pensées inavouables, les petits calculs minables ou grandioses que nous faisons tous à chaque instant mais que nous ne rendons jamais visibles à l’autre.  Ce principe est un vrai cadeau pour l’acteur, car il crée dans plusieurs situations un humour décapant, par la simple adresse en direct au public de pensées auxquelles il n’a pas l’habitude d’avoir accès. Ce mouvement de parole est en même temps un petit engagement intellectuel assez excitant, car il laisse transparaître toute la bêtise et la vanité des êtres mis en jeu, en même temps qu’il révèle pour eux une grande tendresse.

Nous jouons l’ensemble des personnages à 2, avec un dispositif scénique très simple composé d’un tabouret et 2 projecteurs, ainsi qu’un paravent derrière lequel nous changeons régulièrement de costume. Et nous prenons énormément de plaisir à faire partager cette pièce  dans une ambiance de bar chaque fois différente.


Représentations

27, 28 février et 1er mars 2019 Villages en scènes, Thouarcé
09, 10 et 11 avril 2019 L'Atelier culturel, Landerneau