lundi 5 octobre 2009

Europeana

Europeana


d’après le livre de Patrick Ourednik :
Europeana, une brève histoire du XXème siècle




" Les Américains qui ont débarqué en 1944 en Normandie étaient de vrais gaillards ils mesuraient en moyenne 1m73 et si on avait pu les ranger bout à bout plante des pieds contre crâne ils auraient mesuré 38 kilomètres. "
1ère phrase d’Europeana



Traduction :
Marianne Canavaggio
Mise en scène :
Faye Atanassova Gatteau & Guillaume Doucet
Jeu :
Guillaume Doucet
Flora Diguet / Bérangère Notta
François-Régis Duval
Clarisse Grandsire
Lumières et régie technique :
Gweltaz Chauviré
Chargée de production :
Maude Gallon

Adaptation LSF :
Noémie Churlet

Production :
Le groupe vertigo
avec le soutien du Théâtre du Cercle, du Théâtre La Paillette
Aide à la création de la ville de Rennes



Résumé :

Comme son sous-titre l’indique, Europeana entend nous restituer en vrac l’histoire du XXème siècle, avec tous les raccourcis hilarants ou terrifiants que la démarche peut provoquer, quand dans la même phrase se côtoient le bug du millenium et l’attentat de Sarajevo, la création de l’état d’Israël et l’apparition de la poupée Barbie.
Dans une langue qui charrie toujours plus et joue à se faire peur, l’acteur se fait tour à tour quidam, sociologue, récitant, interprète ou (anti-) historien, pour convoquer avec une naïveté ironique le dernier siècle dans toute sa cruauté et son absurdité.
Tandis qu'attirés par l’occasion, les morts du XXème siècle viennent s’accumuler sur le plateau.


Courte note d’intention :

Europeana est un objet littéraire étrange et excitant. Avec une apparente désinvolture, Patrick Ourednik convoque l’histoire Européenne du Xxème, en prenant un malin plaisir à déhiérarchiser toutes les informations qu’il délivre. Idéologies et anecdotes se retrouvent côte à côte, dans un texte qui déploie les « et » à l’envie et juxtapose ainsi des événements, pensées ou paroles prononcées que l’histoire, telle qu’on nous l’enseigne, nous a appris à bien séparer.
Ce processus fait émerger un bric-à-brac surréaliste qui en lui-même raconte avec vivacité l’absurdité de notre histoire contemporaine, et crée des précipités d’histoire hilarants ou terrifiants, offerts toujours avec une apparente naïveté qui devient vite déconcertante. (« Je ne fais que vous rapporter ce que qu’on a dit »)
Ce geste littéraire apparemment innocent, est politique d’au moins deux manières : dans ce qu’il dit de notre manière d’écrire l’histoire, et dans le choix finalement extrêmement calculé que l’auteur fait dans son montage, dans les informations qu’il fait s’entrechoquer, les grandes idées toutes faites dont il dévoile la réapparition à l’identique.

En amenant ce texte sur un plateau, il s’agissait pour nous de prolonger le principe d’Ourednik : ne pas hiérarchiser, avoir une empathie égale pour chacun, prêter le corps de l’acteur à toutes les figures que le texte convoque, et croire à une parole autant qu’à la suivante qui vient la contredire, sans jugement. Avec juste la légère distance de la cérémonie / représentation qui permet de partager l’humour de la démarche. Le plaisir qui en résulte est celui de donner corps à un petit attentat à la littérature et à l’histoire.



Le livre et l’auteur :

Europeana a été élu "livre de l’année" en Tchécoslovaquie en 2001. Le livre est publié aux Editions Allia, il est traduit du tchèque par Marianne Canavaggio.
Patrick Ourednik est né à Prague en 1957. Il vit à Paris depuis 1984. Traducteur en tchèque de Beckett, Michaux, Rabelais, Jarry et Queneau, Michaux, Vian, il est l’auteur d’une dizaine de récits, essais et recueils de poésie. Son écriture est marquée par une recherche constante de formes et de genres encore inexplorés et un esprit de jeu avec la langue, les mots, l'histoire.