jeudi 21 septembre 2017

PRONOM

Création "Ados" 2018 (en cours de production)

 

Pronom © Robin Hammond / Noor
© Robin Hammond / Noor




Texte : Evan Placey
 
Traduction : Adelaïde Pralon  
Mise en scène : Guillaume Doucet 
Assistante à la mise en scène : Bérangère Notta
 
Jeu : Chloé Vivarès, 
(en cours de distribution)


Son : Maxime Poubanne

Lumière et régie générale (en cours)


Chargée de production : Claire Marcadé 
 

 

 

 

 

La pièce

Présentation


Pronom est un texte de l’auteur britannique Evan Placey, spécialisé dans le théâtre à destination des adolescents. La pièce a été créée en 2014 par le Théâtre National de Londres, lors du festival Connections (le plus grand festival ados britannique), et jouée par des groupes de jeunes acteurs dans tout le pays.
La pièce traite de l’histoire d’un.e adolescent.e transgenre, juste après qu’il ait pris la décision de changer d’identité et de changer de prénom, ainsi que de pronom.
Elle a eu un fort retentissement au Royaume-Uni, rencontrant un vif succès auprès des adolescents, par son sujet mais aussi par le traitement inventif et intelligent qui en est fait, la qualité des dialogues et l’humour qui traverse toute la pièce.
Cette nouvelle création du groupe vertigo, avec une équipe de jeunes acteurs, verra le jour fin 2018. Elle s'inscrit à la fois dans la suite de notre travail sur le théâtre britannique contemporain et la comédie, dans une démarche politique bienveillante, et dans l'exploration d'un rapport particulier au public adolescent.
En janvier 2017, le National Geographic, sort un numéro autour du genre, avec comme très belle photo de couverture un.e adolescent.e transgenre (voir ci-dessus). Alors qu'en France le même numéro, avec le même contenu traduit de l’anglais, est sorti, avec comme couverture, une photo d'une ville russe (sujet du 2e dossier du magazine).
Cette censure de la couverture originale est particulièrement représentative du chemin qu’il reste à faire ici. Cette photographie que nous trouvons magnifique ayant été cachée en France, nous avons décidé de reprendre l’image, et d’en faire le visuel de notre projet. Le choix est à la fois symbolique et esthétique.

L'histoire

Pronom est une histoire d’amour entre deux jeunes lycéens, dont l’un.e vient de décider de changer de sexe. La pièce raconte le parcours chaotique et particulier de ce couple, Josh et Dean (anciennement Isabella), et de leur groupe d’amis. La narration se déploie dans des lieux et des situations qui s’enchaînent rapidement : on passe facilement d’une chambre d’ados à un festival de rock à une opération de sauvetage dans les toilettes d’un bar de nuit. On suit deux parcours : Celui de Josh qui essaye de se débrouiller avec la décision radicale de sa copine de devenir un garçon, alors que lui est amoureux mais “pas gay”. Et celui de Dean, pris entre relations amicales, attaches familiales, cabinet médicaux, équipe pédagogique du lycée et conseils avisés de son parrain spirituel : un poster de James Dean dans sa chambre avec qui il discute régulièrement de manière très cash. En parallèle se développent les histoires et les points de vue de la bande d’amis dont ils font partie. Le tout à un rythme effréné, alors que les vannes et les résolutions fusent dans tous les sens.

La forme

La pièce est courte (1h15), incisive, le rythme est enlevé et on passe sans arrêt d’un lieu à un autre. Cette forme compacte est particulièrement agréable à partitionner, et à recevoir pour les plus jeunes adolescents. Bien que le sujet soit puissant et les questions d’identité profonde, Evan Placey a tenu à passer par la comédie et une certaine légèreté. C’est pour nous une des grandes forces du texte. Nous sommes presque là dans une comédie romantique, même si elle est tout sauf niaise. Evan Placey, dans sa préface, raconte ce choix de passer par la comédie romantique et par l’identification pour traiter d’un sujet délicat. Un choix avec lequel nous sommes particulièrement en accord. Politiquement et théâtralement nous préférons passer par une pièce séduisante qui provoque l’empathie, par une histoire forte et du sensible, plutôt que par du discours.
 

Partenaires

En cours de production


vendredi 13 mai 2016

LOVE AND INFORMATION


CRÉATION 2016



Texte : Caryl Churchill

Traduction : Elisabeth Angel - Perez

Mise en scène : Guillaume Doucet 
Assistante à la mise en scène : Bérangère Notta
Jeu : Philippe Bodet, Gaëlle Héraut, Camille Kerdellant, Marina Keltchewsky, Jean Pierre Fermet, Nadir Louatib, Chloé Vivarès, Manon Payelleville, Jules Puibaraud
Régie lumière, régie technique générale : Elodie Rudelle
Création et régie son : Maxime Poubanne
Régie plateau : Ludovic Losquin et Antoine Pansart
Costumes : Laure Fonvieille
Accessoiriste : Eve-Laure Lacroix
Création lumière : Lucas Samouth
Création vidéo : Serge Meyer
Stagiaire costumes : Julie Michel 
Chargé de production : Claire Marcadé 
Logistique de production et communication : Camille Siegel
Construction décor : Ludovic Losquin et Maxime Poubanne
  


La pièce 
 
Présentation 
Caryl Churchill, grande dame du théâtre anglais actuel, a imaginé une forme théâtrale inédite pour mettre en scène un état des lieux du monde contemporain, à travers le prisme de l’amour et de l’information.  

La pièce est principalement composée de 50 scènes indépendantes, d’une durée de 30 secondes à 5 minutes. Chaque scène ne présente aucun lien narratif direct avec la précédente : situations, lieux, personnages, atmosphères, tout semble nouveau. Chacune présente un condensé de vie contemporaine souvent inattendu qui résonne avec les précédents, dans une écriture fine et ciselée. L’équipe qui s’empare de la pièce est invitée à définir le contexte de chaque scène, que Caryl Churchill joue à laisser ouvert tout en offrant des règles du jeu très précises.

Les scènes ont pour fil rouge la question de l’information déclinée sous toutes ses formes, de la plus triviale à la plus philosophique. Du secret de famille aux entités virtuelles, en passant par l’ADN, la censure, les troubles de mémoire, ou l’info qu’on donne à une bonne amie ou à la police. Et sous la surface, les scènes sont réunies et traversées par la présence (ou absence) de l’amour, par des états et des élans amoureux qui jouent sans arrêt avec les informations reçues, qui viennent perturber, accompagner ou annuler leur réception, révélant notre humanité.

La pièce met ainsi en jeu plus d’une centaine de personnages au total, dans une composition théâtrale virtuose qui réunit et condense une vaste étendue de préoccupations actuelles, pour aller toucher des précipités de sens et d’émotion, avec délicatesse et de toutes ses forces.

La forme

La construction kaléidoscopique de la pièce est une réponse au morcellement actuel des informations que nous recevons. Le numérique a développé de nouveaux types de relations à nos connaissances et nos mémoires, de nouvelles façons de chercher, de se laisser porter par sérendipité. Et ces nouveaux réflexes s’étendent aux relations personnelles que nous entretenons avec notre environnement.
La pièce tisse des réseaux de connexions, et le passage d’une scène à l’autre n’est pas un zapping inconscient. Une scène vient résonner avec une précédente, prolonger, dévier ou renverser une sensation, un concept ou une émotion. Des fulgurances viennent percer des répits.
Chaque scène vaut pour elle-même, et creuse des rapports intimes et politiques. Mais sur la durée apparaissent d’autres sens, des liens synesthésiques, des sensations d’ensemble. C’est autant l’agencement de cette cartographie générale que le détail de ces éléments qui définit la nature de l’expérience.
Car c’est chaque fois une intelligence et une sensibilité qui agencent ces réseaux et donnent du lien. D’abord celles d’une autrice, puis celles d’une équipe de création, et enfin celles du spectateur.

Par sa forme théâtrale, Love and Information est une réponse du vivant à l’éclatement du numérique.

Le propos

Le monde que Caryl Churchill dépeint est notre monde occidental contemporain, avec ses angoisses et ses tendresses. C’est pour moi une des grandes forces du texte que d’être en prise directe avec la société qui nous entoure, avec parfois même quelques longueurs d’avance sur des questions de société qui ne vont pas tarder à surgir dans l’espace public. Il est d’ailleurs impressionnant de voir à quel point ce texte, écrit par une femme de plus de 70 ans, est en prise avec son temps et notamment avec sa jeunesse.

Ainsi une scène (qui fait penser très fort au film Her de Spike Jonze - la pièce étant antérieure) montre par exemple quelqu’un défendre mordicus son couple avec une entité virtuelle face à des amis qui tentent de le raisonner, et on a le sentiment troublant qu’il défend la légitimité de son amour avec cet être virtuel comme d’autres défendent un couple mixte ou homosexuel.

Nous tentons avec cette pièce de prendre le pouls d’une époque où nous sommes noyés d’informations et face à de nouvelles questions d’identité.

Car ce texte est aussi un scanner des espoirs et mélancolies de générations qui se cherchent, et tentent d’appréhender un nouveau monde dont la course du temps semble – c’est ce qu’on nous dit – toujours s’accélérer.

Mais Caryl Churchill a la délicatesse et l’intelligence de le faire avec un humour ravageur. Elle manie à merveille le sens de l’ironie, avec un air de ne pas y toucher terriblement british, qui vient toujours de pair avec une conscience sociale et politique salutaire.

Et, tout au bout de la dernière scène du texte, apparaît pour moi le fond du propos de la pièce, brillant et délicat, qu’on pourrait résumer ainsi : 

Nous sommes continuellement abreuvés d’informations, mais la seule qui compte réellement, c’est “Est-ce que tu m’aimes ?”.


Teaser Love and Information from le groupe vertigo on Vimeo.


Découvrez le beau reportage d'Hervé Portanguen / KUB Kultur Bretagne / 2017
http://www.kubweb.media/page/theatre-love-information-groupe-vertigo-guillaume-doucet-caryl-churchill/


Partenaires

Coproductions :
DSN – Dieppe Scène Nationale ; L'Archipel, pôle d'action culturelle – scène de territoire pour le théâtre de Fouesnant-les Glénan ; Les 3T – Théâtres de Châtellerault ; CPPC - Théâtre l’Aire Libre (35) ; La Maison du Théâtre à Brest ; Théâtre du Pays de Morlaix ; Théâtre du Champ au Roy – Guingamp ; Théâtre de Thouars - Scène conventionnée de Thouars ;
CCM Limoges / Centres culturels Municipaux ; Quai des rêves – centre culturel de la Ville de Lamballe ;
 

Aide à la coproduction : Scènes de territoire – Bressuire ; Gallia Théâtre – Scène conventionnée de Saintes ; Théâtre du Cloître – Bellac ; Les Sept Collines – scène conventionnée de Tulle

Soutiens :Théâtre de l'Ephémère – Le Mans ; THV Saint-Barthélémy d'Anjou ; Carré magique - Lannion ; Fonds d'Insertion pour
Jeunes Artistes Dramatiques, DRAC et Région Provence-Alpes-Côtes d'Azur ; ENSATT – Lyon


Avec l'aide de la Ville de Rennes ; du Conseil départemental 35 ; Conseil régional de Bretagne ; de l'ADAMI
 

La diffusion de ce spectacle a bénéficié du soutien financier de Spectacle Vivant en Bretagne, (et de la région Aquitaine Limousin Poitou-Charentes ).

Le groupe Vertigo est conventionné par le Ministère de la Culture – DRAC Bretagne.

 
L'Arche est agent théâtral du texte représenté. www.arche-editeur.com

Ce texte est lauréat de la Commission nationale d'Aide à la création de textes dramatiques - ARTCENA